Nzérékoré : Situation des détenus de Kankan : CE QUE DIT LE PATRIARCHE DE NZEREKORE

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Depuis plusieurs mois, Des pères de familles croupissent en prison à Kankan. Au nombre d’une quarantaine, ces personnes ont été interpelées en marge des violences éclatées pendant double scrutin législatif et référendaire qui a secoué la ville de Nzérékoré faisant plusieurs mort.
Ce mercredi 09 septembre 2020, le conseil des sages de Nzérékoré s’est exprimé sur cette situation qui frustre plus d’un dans la région de Nzérékoré. Après plusieurs réclamations des femmes épouses des détenues et des jeunes pour la libération des détenus, le patriarcat a apporté des précisions.
« Dès les premières heures, lorsque les enfants étaient détenus ici à Nzérékoré, nous sommes allés voir la justice. C’était pour solliciter leur libération ou si ce n’était pas le cas, de voir ceux qui sont détenus, comme ils sont très nombreux, tout le monde n’est pas coupable. C’était de libérer ceux qui ne sont pas coupable. Ils nous ont dit ok qu’ils sont en train de travailler dans ce sens. Entretemps, nous avons appris qu’ils ont été déportés à Kankan. Nous avons donc cherché à rentrer en contact avec la justice de Kankan pour soit qu’ils soient libérer ou que le procès soit organisé le plus rapidement que possible. Ils nous ont dit qu’ils doivent être auditionnés. C’est à l’issu de cela qu’une décision sera prise. Ça pris du temps on les a rappelés encore. C’est là ils nous ont fait comprendre que le dossier se trouve maintenant dans les mains du procureur général de Kankan. Mais nous sommes en train de nous battre toujours dans ce sens », nous a confié David Mansa Zogbélémou, porte-parole du patriarcat de Nzérékoré.
Le conseil des sages déplore cependant la manipulation des victimes et parent dans cette affaire. A les écouter, malgré tous les efforts consentis par le conseil des sages, les détenus de Kankan sont manipulés ainsi que leurs familles.
‘’Cependant malgré toutes ces courses que nous faisons, nous nous rendons compte que les parents des détenus voire les détenus eux même sont manipulés. Cela s’explique par la lettre tout récemment qu’ils ont adressé au patriarche dans laquelle ils disent que nous leurs avons oubliés et abandonner. Ils prennent même l’exemple sur Kankan où ils disent que les jeunes qui étaient interpellé lors des manifestations ont été libérés deux jours après leur détention suite à la pression de leurs parents. Mais moi je leurs ai dit, restez tranquille et suivez nous. La comparaison n’a pas raison. La situation de Kankan est purement différente de celle de Nzérékoré. Là-bas c’est une situation sociale. Alors qu’ici c’est purement politique. Si c’était social, on n’allait même pas accepté que vous bougiez d’ici. Les parents des détenus aussi sont venus une fois se rassembler au vestibule du patriarche. Nous leurs avons entretenu et on leurs a expliqué les démarches que nous sommes en train de mener pour les détenus de Kankan. Elles ont compris et se sont retournées. Le mardi qui suivait, elles sont encore revenues. C’est là que nous avons dit que c’est une manière de nous pousser alors contre la justice alors qu’elle est indépendante. Je leurs ai dit, faite attention, ne faites pas des déclarations qui peuvent envenimer la situation de vos maris. Nous sommes en train de nous battre inlassablement pour obtenir leur libération’’, soutient M. Zogbélémou, qui déplore néanmoins la lenteur du dossier.
« Nous avons même demandé qu’ils viennent ici à Nzérékoré, mais ils ont dit non, la justice est indépendante, là où le procureur demande qu’on fasse le procès, c’est là-bas on va les juger. Mais après le travail du pool des juges d’instruction, je pense que ce qui restait maintenant, c’était pour réunir ces gens-là, s’ils doivent être jugés, on les juges. Ceux qui sont là-bas, tout le monde n’est pas coupable. Qu’ils face le jugement pour que ces personnes recouvrent leurs liberté ».
Le conseil des sages de Nzérékoré a rassuré que les démarches sont en cours pour obtenir la libération de ces détenus.
Nzérékoré, Jean Damarsi pour Guineeconstat.com
Tél. OO224 666 47 10 11

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